Au sein de ProSEREY, nous travaillons avec des familles confrontées à de grandes difficultés et particulièrement exposées au risque d'exploitation et d'esclavage moderne. L'exemple suivant vous donne un aperçu de notre travail.
La famille de Kim (nom modifié) vit dans un village isolé. Les parents gagnent un peu d’argent grâce aux travaux des champs et à des petits boulots, mais leurs revenus suffisent souvent à peine à acheter de quoi manger. La mère s’occupe de ses cinq enfants tout en travaillant aux champs. À cela s’ajoutent les dettes et les problèmes d’alcoolisme du père. Lorsqu’il boit, il insulte et menace sa femme et ses enfants. Des actes de violence physique grave ont déjà eu lieu. La famille vit donc non seulement dans la précarité économique, mais aussi dans la peur. Lorsqu’une famille lutte quotidiennement pour sa survie, quelle force lui reste-t-il pour changer les choses à long terme ?
Pas d'argent pour le traitement
Nous avons déjà aidé cette famille à plusieurs reprises en lui fournissant le strict nécessaire. Mais c'est surtout grâce à des visites régulières à domicile que nous souhaitons l'amener à prendre davantage ses responsabilités et à opérer un changement durable. Les soins médicaux prodigués à leur fils Kim en sont un exemple. Depuis sa naissance, il souffrait d’un problème au niveau des cordes vocales qui le gênait considérablement. La famille n’avait tout simplement pas les moyens de payer le traitement. En 2025, nous avons pu, ensemble, organiser un rendez-vous pour l’intervention chirurgicale et en assurer le financement. Désormais, Kim parle nettement mieux et a ainsi davantage de chances pour son avenir ici, au Cambodge.
Mais les soins médicaux ne suffisent pas à eux seuls à offrir des perspectives à long terme. Kim avait de plus en plus de difficultés à l'école et voulait abandonner. Son père le poussait lui aussi à aller travailler à la place. Parallèlement, le garçon s'inquiétait pour sa mère et les plus jeunes membres de la famille, car il n'y avait souvent rien à manger à la maison.
Kim est le premier du village à suivre une formation
À l'été 2026, Kim a commencé une formation de coiffeur à Siem Reap, avec notre aide et le soutien de Fit2Work. C'est le premier jeune de ce village à suivre une formation, quelle qu'elle soit ! Et compte tenu de la situation de sa famille, il n'est pas évident que ses parents l'y autorisent, même s'il est pour eux en âge de travailler. Il peut désormais acquérir des compétences professionnelles et se préparer à un avenir en tant qu’indépendant – quelle chance !
Mais la situation à la maison reste difficile. En septembre, le père a même menacé la mère de mort. Elle a très peur et n'a jusqu'à présent reçu qu'un soutien peu efficace de la part des autorités locales. La famille a donc toujours besoin d'un accompagnement important de notre part.

Accompagner et encourager tout au long du parcours
Pour obtenir des changements durables, il faut plus que de simples mesures d'aide ponctuelles. Grâce à notre travail, nous soulagons la détresse immédiate, nous renforçons les familles et permettons aux enfants et aux jeunes d'accéder à l'éducation et à une formation concrète. Ce faisant, nous souhaitons encourager les personnes à prendre elles-mêmes leurs responsabilités et à se forger de nouvelles perspectives. Cela semble toujours si évident et si simple, mais ce n'est pas le cas dans de nombreux cas. Comme le montre l'exemple de la famille de Kim, il existe de nombreux défis, souvent difficiles à supporter pour nous.

Mais notre foi chrétienne imprègne ce travail et apporte de l'espoir. Nous prions régulièrement pour les familles et leur parlons de Jésus et de ce qu’il a fait pour chacun d’entre nous. La famille de Kim découvre notre foi à travers notre accompagnement et grâce au petit groupe de louange du village. Elle n’a pas encore saisi ni accepté la Bonne Nouvelle. Nous espérons qu’un jour, elle connaîtra elle aussi un véritable renouveau par Jésus-Christ.
Katharina et Julius D., responsables du projet ProSEREY
Devenir des personnes épanouies et fortes
À Lighthouse -Pursat, deux portes que nous recherchions depuis longtemps se sont récemment ouvertes. D’une part, Narit et Mala ont pu emménager avec leurs deux enfants, leur grand-mère et quelques stagiaires dans un logement supplémentaire. Jusqu’à présent, tout le monde vivait ensemble sur le campus, ce qui devenait de plus en plus exigu. Grâce à ce déménagement, la famille bénéficie d’un peu plus d’intimité et les élèves disposent de plus d’espace de vie.
Un deuxième souhait a été exaucé concernant l'emploi du temps des élèves, du moins pour les six nouveaux élèves de seconde. Jusqu'à présent, les cours à Pursat duraient généralement de 7 h à 19 h, avec une pause déjeuner très courte. Mais notre objectif n’est pas seulement de permettre à ces jeunes de fréquenter l’école, mais aussi de leur proposer des cours supplémentaires en complément des matières scolaires habituelles (par exemple, l’informatique, la musique et l’anglais), de les aider à faire leurs devoirs et de les accompagner personnellement lors des moments de prière et de vie communautaire. Avec des journées scolaires aussi chargées, cela n’est possible que de manière limitée. Désormais, les élèves de 10e suivent un nouvel emploi du temps avec une pause déjeuner plus longue et des cours qui ne se terminent qu’à 17 heures. L’équipe se réjouit beaucoup de ces nouvelles possibilités – même si cela implique bien sûr un surcroît de travail, car les élèves de 11e et 12e continuent de suivre l’« ancien » emploi du temps.

S'impliquer et s'épanouir dans de multiples domaines
Les discussions montrent régulièrement que les jeunes apprécient l’intérêt et l’attention que leur porte l’ Lighthouse Pursat, et qu’ils peuvent s’investir grâce à leurs compétences et ainsi s’épanouir de multiples façons. Vandy (nom modifié) raconte : « En tant que stagiaire, je peux apprendre beaucoup de nouvelles choses et assumer des responsabilités. » Cela inclut par exemple donner des cours supplémentaires ou accompagner les élèves dans leurs tâches ménagères quotidiennes. « Cela me permet également de mieux comprendre la société et le monde en dehors de la salle de classe. » Sina raconte : «Lighthouse Pursat est comme une famille pour moi. En tant qu’élève, j’étais très reconnaissante de pouvoir continuer à aller à l’école à Lighthouse et de vivre dans un endroit sûr. Lorsque je ne me sentais pas bien, j’ai souvent constaté que ce que j’entendais lors d’un moment de recueillement sur Dieu et la vie avec Lui me touchait et m’aidait à aller de l’avant avec un courage renouvelé. »
La grand-mère de la famille de Narit déclare : « L’un des plus grands défis pour les jeunes au Cambodge me semble être, outre le manque d’accès à l’éducation, la pression de devoir obtenir de bons résultats scolaires. » Nous constatons souvent cette pression chez les élèves. C’est une motivation supplémentaire pour les accompagner non seulement dans leur apprentissage, mais aussi dans leur développement vers des personnalités saines et fortes, qui se connaissent elles-mêmes et avancent avec confiance sur leur chemin.

Il y a également du nouveau au camping PuoyLighthouse : lors des cours de soutien quotidiens, très fréquentés, que nous proposons depuis janvier, nous avons remarqué que de nombreux élèves avaient de grandes difficultés en lecture. C'est pourquoi nous proposons désormais des cours de soutien en lecture aux élèves de CP à CE2. Une lecture fluide facilite l'apprentissage dans presque toutes les matières scolaires et constitue bien sûr un atout majeur pour la suite de leur vie.

À Lighthouse Battambang, nous sommes ravis de constater que, depuis la dernière année scolaire, le nombre d’élèves du quartier qui suivent nos cours d’anglais et d’informatique a considérablement augmenté. Le « Kid’s Club » de la bibliothèque était plein à craquer, si bien que nous avons commencé à donner des cours à un groupe pendant le déjeuner. Mais les problèmes de place, ce sont de beaux problèmes !
Anna B., Lighthouse Cambodge
Au Cambodge également, nous mettons en œuvre la stratégie Fit2Work, qui nous permet de promouvoir l'esprit d'entreprise par le biais de formations et d'un accompagnement (voir le rapport de Laurent et Miriam) et d'apporter une aide financière au démarrage, comme dans le cas de Chey et de son entreprise « Cut and Fix » (voir l'interview ci-dessous).
Quand le leadership touche le cœur
Récemment, chez Spira Consulting, nous avons organisé spontanément une petite conférence destinée aux dirigeants. Une participante s’est pleinement investie dès le début. Au cours de ces journées, elle a compris beaucoup de choses : pourquoi les tensions au sein de son équipe se manifestent ainsi, ce qui se passe réellement sur le plan interpersonnel et quel rôle elle-même joue dans tout cela.

Elle est restée avec notre équipe Spira, a posé d’innombrables questions, notamment sur la foi, et nous a ouvert son cœur en réfléchissant aux thèmes de la conférence. Nous avons pu l’encourager à aborder ses difficultés et réfléchir avec elle à la manière dont elle pourrait entamer la conversation. Elle est rentrée chez elle fortifiée, armée et avec une vision claire des prochaines étapes. Nous avons été touchés de voir à quel point Dieu a touché son cœur au cours de ces journées.

Chez Spira Consulting, nous aidons les cadres et les équipes cambodgiens à développer leur potentiel. En nous appuyant sur des valeurs chrétiennes, nous accompagnons les personnes à travers des formations au leadership, du coaching et le développement du potentiel personnel (test KEYS). Cela leur permet de découvrir leurs points forts et d’apprendre à les mettre en pratique au quotidien.
Miriam et Laurent I., responsables du projet « Formation au leadership »
« Grâce à Fit2Work, ma vie a complètement changé »
Chey, à quoi ressemblait ta vie avant de te mettre à ton compte ?
Mavie à l'époque,en tant que salarié,était complètement différente – un contraste comme le jour et la nuit. Mon salaire était certes stable, mais il suffisait tout juste à subvenir aux besoins de ma famille. Je devais gérer mon budget de manière très stricte et je ne pouvais pas mettre d'argent de côté.
Qu'est-ce qui vous a poussé à quitter cet emploi et à franchir le pas vers l'indépendance ?
Jesouhaitais évoluer et créer ma propre entreprise. J'ai été grandement aidé par un coach en entreprise qui m'a motivé, mais aussi par ma propre envie de me lancer dans quelque chose de nouveau. L'aide financière initialeapportée par SAM global a également joué un rôle décisif.

Ce lancement aurait-il été possible sans ce soutien financier ?
Pourmonter mon entreprise, j’avais besoin d’un équipement professionnel. Si j’avais dû tout financer moi-même, sans aucune aide extérieure, je n’aurais guère pu avancer. Cette aide au démarrage a été déterminante. Je suis très reconnaissante et je me réjouis d’avoir pu rembourser le montant convenu au fonds « SAM global ».
Comment ton entreprise s'est-elle développée et quel rôle ta foi joue-t-elle dans ton quotidien professionnel ?
J'ai commencé avec seulement deux collaborateurs. Aujourd'hui, après presque trois ans, j'ai cinq employés permanents. Ma foi joue un rôle important dans tout cela. Je suis convaincue que Dieu agit au sein de mon entreprise. Dans les moments où je me sens faible, il me donne de la force. Je prie régulièrement pour la santé, la protection et l'inspiration.

En quoi ta vie, celle de ta famille et de ton entourage a-t-elle changé depuis que tu as créé ton entreprise ? Qu’est-ce qui te réjouit le plus ?
J’aiappris que j’étais capable de bien plus que je ne l’aurais jamais imaginé. Je suis particulièrement heureux de pouvoir offrir aux jeunes de ma région des emplois stables qui leur permettent de subvenir aux besoins de leur famille. Quant à ma propre famille, notre situation financière s’est considérablement améliorée. Nous avons de quoi subvenir à nos besoins quotidiens, nous pouvons constituer des économies et offrir à nos enfants une bonne éducation. J’ai également pu construire une jolie petite maison pour mes parents. Avant, ils vivaient dans une maison en bois dont le toit fuyait. Sans mon entreprise, tout cela n’aurait jamais été possible.
Nous espérons bien sûr voir encore de nombreuses évolutions aussi réjouissantes grâce à la mise en œuvre de Fit2Work ! Un grand merci pour votre intérêt et votre soutien.
David Keller, responsable national pour le Cambodge




