De septembre 2011 à octobre 2022, Sylvain M. a été coordinateur du réseau des écoles chrétiennes (AESEB) au Burkina Faso. Il vient d'être nommé coordinateur pour l'Afrique francophone par l'Association of Christian Schools International (ACSI). Afin de mieux s'acquitter de cette mission, il a effectué, avec son épouse Jokébed, une visite de travail en Europe, notamment en France, en Allemagne et en Suisse.
Sylvain écrit : « L'ACSI est une organisation chrétienne de premier plan qui œuvre à la promotion de l'éducation chrétienne, de la formation et du développement de ressources destinées à des écoles de qualité et à des enseignants bien formés. Elle s'appuie pour cela sur trois piliers fondamentaux : le développement d'une éducation centrée sur le Christ et de grande qualité ; rendre cette éducation chrétienne disponible et accessible ; et la promouvoir et la protéger, aujourd'hui comme demain. »
En tant que coordinateur ACSI pour l'Afrique francophone, mes missions sont les suivantes :
- Le renforcement et le soutien des associations nationales d'écoles chrétiennes en Afrique francophone par le biais de formations, de conseils, de visites, etc. En effet, il existe actuellement des associations nationales d'écoles chrétiennes dans neuf pays d'Afrique francophone. Quatre d'entre elles ont besoin d'un accompagnement accru pour gagner en efficacité.
- Diffusion de la vision d'une éducation centrée sur le Christ par le biais de conférences, de tables rondes, de congrès sur l'éducation chrétienne, etc. À cela s'ajoutent des manifestations organisées à l'échelle continentale.
- Rechercher, former et mettre en place des responsables nationaux afin de constituer des fédérations d'écoles chrétiennes efficaces. L'Afrique francophone compte encore dix autres pays qui ne disposent pas de fédérations nationales d'écoles chrétiennes.
- Promouvoir une éducation centrée sur le Christ en menant des actions de plaidoyer auprès de l'Église, des pouvoirs publics ainsi que des organisations partenaires techniques et financières.
- Mise à disposition de ressources pédagogiques destinées aux enseignants chrétiens africains francophones. L'Afrique francophone connaît une grave pénurie de supports pédagogiques.

Des rencontres enrichissantes
DanielN. a été pendant plus de 15 ans le responsable d'ACSI pour l'Afrique francophone. Notre visite chez lui en France a permis d’assurer une passation complète des tâches. J’ai pu bénéficier de son expérience et mieux comprendre la collaboration ainsi que les différentes relations entre l’ACSI et les divers pays d’Afrique francophone, ainsi qu’avec certaines organisations. En France, nous avons également rendu visite à ma petite sœur. En Allemagne, nous avons rencontré l’organisation Coworkers. J’avais déjà travaillé avec eux et je souhaitais explorer des possibilités de partenariat pour mon nouveau ministère.

Nous avons même fait une excursion
Puisnous avons poursuivi notre route vers la Suisse pour rendre visite à la famille Zurbrügg. Nous avons discuté du soutien apporté à SAM global et nous nous sommes concentrés sur les activités et les comptes rendus prévus pour l'année 2023. En dehors du travail, nous avons fait une excursion à la montagne. À Winterthur, nous avons pu visiter le siège social de SAM global et présenter notre travail à une équipe très intéressée. C’est là que nous sommes également entrés en contact avec une organisation chrétienne au Brésil (www.atuacaoglobal.org.br), qui dispose de supports pédagogiques susceptibles de nous intéresser.
« Et enfin, nous nous sommes rendus à Burtigny pour participer à la JMEM, où nous avons réfléchi à des stratégies d’accompagnement des pays francophones d’Afrique. Nous sommes très reconnaissants pour ce voyage, au cours duquel nous avons rencontré des hommes et des femmes formidables, et qui a renforcé les relations personnelles et le lien spirituel au sein de nos partenariats. »
Sylvain M., coordinateur de l’ACSI pour l’Afrique francophone

Des conséquences également pour l'Église
Au Burkina Faso, la situation sécuritaire se détériore fortement dans certaines régions. Les forces de sécurité, le secteur de l'éducation, les organisations à but non lucratif, d'autres entreprises ainsi que des civils sont de plus en plus souvent la cible d'actions terroristes. Cela a également des conséquences pour l'EE/SIM et ses œuvres. L'Église évangélique (EE/SIM) a été fondée en 1930 dans la région orientale du Burkina Faso et compte 1 304 paroisses, 25 annexes, 1 003 pasteurs et 157 pasteurs adjoints. Le premier attentat, au cours duquel le pasteur Tindano O. a été tué à Sebba, a eu lieu en 2020. Puis, l’église de Gayeri, située dans le village de Hiantoukoura, a été prise d’assaut pendant un culte et 12 fidèles ont été tués. En 2021, les locaux de l’école biblique de Nindangou ont été pillés et une partie de sa bibliothèque a été incendiée. En décembre 2021, le président national de l’EE/SIM a échappé de justesse à une tentative d’enlèvement dans son village natal. En novembre 2022, l’école biblique de Nadiaboanli, à Tapoa, a été attaquée et a dû être déplacée. Quelques jours plus tard, le président national de l’EE/SIM a été capturé par des terroristes alors qu’il était en déplacement, mais il a ensuite été remis en liberté.
Conséquences pour l’Église et ses activités
Cettecrise sécuritaire frappe durement l’Église : 45 fidèles et 3 pasteurs ont été tués et un pasteur a été enlevé. 517 églises locales ont dû fermer leurs portes et 69 ont été pillées ou incendiées. Deux centres d’aide à l’enfance ainsi qu’un centre pour personnes en situation de handicap ont été incendiés. Deux collèges et quatre écoles primaires ont également dû fermer leurs portes. 418 pasteurs et 3 448 familles chrétiennes ont été déplacées, soit un total de 21 827 personnes.

Braver les obstacles
Ladirection de l’Église a demandé aux pasteurs d’encourager les membres des églises fermées à continuer de se réunir en petits groupes. Certaines paroisses ont modifié les horaires des cultes ou les ont raccourcis. Elles persévèrent dans le jeûne et la prière afin que la paix revienne. On rend visite aux personnes déplacées et on leur apporte du réconfort. La formation à l’école biblique se poursuit dans d’autres lieux afin de former des responsables et d’accompagner les membres de l’Église dans leur cheminement à la suite de Jésus. Des cartes mémoire contenant des prêches et des leçons enregistrés sont également distribuées. L’Église apporte sa contribution en faveur du dialogue et de la médiation et organise des formations pour aider à surmonter les traumatismes. Les paroisses non touchées apportent leur aide par un soutien financier, ainsi que par des dons de nourriture et de vêtements. La SIM et SAM global offrent également un soutien varié.
Les responsables concernés et les étudiants des écoles bibliques sont très encouragés de voir la mobilisation de toute l’Église et de ses organisations partenaires. Cela les a fortifiés et ils sont déterminés à poursuivre leur travail.
La situation au CEFM est stable par rapport à celle d'autres écoles. Les cours se poursuivent, mais la menace est réelle. Les portes sont ainsi verrouillées après 19 heures. Nous prions avec ferveur et plaçons notre confiance en Dieu.
Jonathan O., directeur du CEFM

Création d'activités lucratives (AGR)
La situation dans le secteur agricole est difficile : des terres arides, des précipitations rares et inégalement réparties, une agriculture traditionnelle recourant à des outils rudimentaires tels que la pioche. Le travail des champs s'étend sur six mois et ne génère qu'une production agricole modeste. Il est impossible de nourrir les familles tout au long de l'année. Cela entraîne la pauvreté, ainsi que des souffrances individuelles et collectives qui ont des répercussions négatives sur la vie sociale, économique et spirituelle.
L'agriculture et l'élevage, ensemble, font la différence
L'élevageest une activité adaptée à notre environnement et pratiquée depuis toujours. Avec des bœufs, par exemple, il est possible d'utiliser la charrue et d'étendre les surfaces cultivées. Le fumier enrichit le sol et les rendements augmentent. Les résidus de l'agriculture peuvent être utilisés pour l'engraissement des animaux. Le produit de la vente des animaux permet de réinvestir et de subvenir aux besoins de la famille.

Une évolution prometteuse
Cesprojets s'étendent sur un cycle de 12 mois et permettent aux agriculteurs et agricultrices de travailler toute l'année et d'augmenter considérablement leurs revenus. S'ils sont bien gérés, ces projets peuvent contribuer à l'autosuffisance alimentaire. Une agriculture rentable peut redevenir attrayante pour les jeunes et empêcher l’exode rural. Nous souhaitons ainsi inverser la tendance négative actuelle et améliorer la vie des habitants de la région sur les plans social, économique et spirituel. Une partie de l’aide reçue est remboursée afin que d’autres puissent également en bénéficier. Cela favorise la solidarité et la durabilité.

Réduire les risques au minimum
Des précipitations insuffisantesou mal réparties peuvent nuire à la réussite du projet, tout comme la perte d'animaux due à la maladie ou au vol. Des événements sociaux fâcheux peuvent empêcher le remboursement. Nous ne maîtrisons pas tout, mais nous prenons les mesures qui s'imposent, comme par exemple une collaboration étroite avec les vétérinaires et une attention particulière portée aux soins des animaux.
Essentiel pour la dignité humaine
Lavolonté claire d’ SAM global de soutenir des activités génératrices de revenus me touche. D’autres organisations partenaires investissent beaucoup pour nourrir les personnes dans le besoin. C’est une bonne chose en soi, mais cela est loin d’être un facteur de développement durable. À long terme, cela crée une dépendance, car les personnes comptent sur les autres et ne travaillent plus elles-mêmes. Cette initiative élargit les horizons et met en évidence la nécessité pour chacun de pouvoir travailler et de gagner sa vie dans la dignité.
Pierre M., directeur de Tin Naabi
Merci beaucoup pour votre intérêt et votre soutien !
Andreas Zurbrügg, responsable régional pour le Sahel




